Le tombeau de Saint Jaoua
Le tombeau de saint Jaoua, tout taillé en pierre de Kersanton, occupe l’aile sud de la chapelle. Par comparaison avec celui de saint Ronan à Locronan, très ressemblant et à la chronologie bien calée, il doit dater des années 1420-1425. À l’examen de certains détails, tous deux ont peut-être été réalisés par un même sculpteur, issu de l’atelier qui œuvrait à l’édification de la collégiale du Folgoët et aux portails de la cathédrale de Quimper. L’installation de ce gisant a dû marquer la fin du premier chantier au début du XVe siècle.
Le soubassement en pierre de Kersanton est décoré en son pourtour de fines arcades trilobées soutenues par de petites colonnes. Il ménage un étroit passage allant d’une extrémité à l’autre du monument funéraire.
Sur le tombeau, est couchée l’effigie hiératique du saint évêque portant tous ses ornements : chasuble antique aux plis souples et gracieux, manipule, étole, tunique et aube. Sa tête, coiffée de la mitre, repose sur un coussin tenu par deux anges dont l’un porte l’encens et la navette ; il tient la crosse de la main gauche et il bénit de la main droite. Un chien – symbole de la fidélité – est allongé à ses pieds.
Sur les bords sud de la table, on lit facilement l’inscription suivante en caractères gothiques : « S. Joevin. épus. leonensis. fuit. huic. sepultus» : « Saint Joevin Evêque de Léon fut ici enseveli ».
Une question se pose concernant le tombeau de saint Jaoua : le couvercle du sarcophage (cercueil en pierre) est profondément entaillé sans que l’on en connaisse la raison. Le chanoine Abgrall, qui y fit des fouilles il y a un peu plus d’un siècle, suggérait une réutilisation remontant à une époque très ancienne.
Les fouilles du tombeau
Vers la fin du XIX° siècle, des fouilles furent faites à l’emplacement du tombeau. Mandaté par Monseigneur Valleau, évêque de Quimper, l’abbé J.M. Abgrall entreprit, le 17 mai 1897, l’ouverture du tombeau pour rechercher des reliques sauvegardées des invasions normandes de 878.
Dans son compte-rendu, il écrivit :
« On a découvert une longue pierre légèrement cintrée, semblant former un couvercle. Sous ce couvercle était un sarcophage ou auge en pierre de faible profondeur qui compte tenu du fait que Saint Jaoua est mort au VI° siècle, vers 550, serait d’âge mérovingien. Dans le sarcophage se trouvait une grande quantité de terre fine. De ces terres, on a pu retirer un fragment d’os considérable (tête de fémur) et successivement trois autres fragments semblant appartenir au même membre, la partie médiane du fémur et l’extrémité condylienne fendue en deux. Ces ossements ont dû avoir été laissés dans le tombeau à l’époque de la translation des reliques à Saint-Pol-de-Léon. Avant de refermer la sépulture, on a distrait un des fragments d’os qu’on a enfermé dans une fiole en verre déposée dans le milieu du sarcophage. Des trois autres fragments, soumis d’abord à l’examen de l’autorité épiscopale, et reconnus comme restes de Jaoua, l’un a été porté à Saint-Pol-de-Léon, un autre se trouve actuellement dans l’église paroissiale de Plouvien, le quatrième est conservé à l’évêché de Quimper au dépôt des reliques ».